BlogNotes

Mes domaines d'intérêt et de recherche mêlant graphisme, images virtuelles et archéologie

03 août 2009

Une visite au château de Montesquieu-Avantès

Le samedi 20 juin dernier, un certain nombre d'habitants du Volvestre organisés en association (PATRIMOINE ET PAYSAGES EN VOLVESTRE www.volvestre-patrimoine.info), ont remonté le cours du Volp jusqu’à Montesquieu-Avantès, pour approcher son célèbre réseau souterrain (www.cavernesduvolp.com), ainsi que  le château-fort qui a donné son nom à la commune.
Pascal Audabram qui a particulièrement étudié l’architecture du site, ainsi que moi-même avons pu à cette occasion exposer quelques résultats de nos recherches, et profiter d’un auditoire attentif et avisé. Parmi eux Gérard Pradalié, enseignant-chercheur médiéviste aujourd'hui en retraite, porta  notamment un regard indéniablement neuf sur le site. Il nous l'expose aujourd’hui dans son compte-rendu que je vous invite à lire .

(http://www.volvestre-patrimoine.info/index.php?option=com_content&task=view&id=55&Itemid=31)

Pascal et moi remercions cette association d’avoir porté l’attention sur ce patrimoine couserannais négligé. Elle nous donne aussi l’occasion d’apporter dans ce billet, quelques informations supplémentaires non négligeables.

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Le château
Comme il est dit « le château de Montesquieu est un ensemble difficile à dater ». Sa forme, ses techniques de constructions ne se réfèrent pas au premier abord à des types connus qui nous les situeraient dans le temps. On n’y voit pas de donjon, une tour-maîtresse qui aurait servi de résidence, ou symbolisé la domination d'un seigneur. On y voit plutôt un ensemble de 3 enceintes concentriques qui auraient pu servir à protéger une population villageoise lors de périodes troublées. Et Gérard Pradalié a bien relevé l’usage fait de ces fortifications au XVIe s lors des guerres de religion.

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plan du château réalisé par Pascal Audabram

Mais pourtant, à bien y regarder (et c’est ce que Pascal a fait depuis mars 2007 et une première visite de notre groupe de chercheurs chateaux09.free.fr), ce château n’est pas si différent des autres fortifications médiévales Couserannaises que nous commençons maintenant à mieux connaître.

Il ne faut pas s’étonner d’une « faible » épaisseur des murs (90cm), elle est commune à bien d’autres enceintes très proches, comme celle de Sainte-Catherine (Balaguères). Ces tours rondes et pleines rajoutées aux angles, se retrouvent aussi, dans une même configuration et facture, à Sainte-Catherine comme à Caumont. Et l’absence de tour maîtresse (que l’on observe aussi à Lescure) n’est peut-être, dans ces broussailles, qu’apparente, comme ce fut le cas à Sainte-Catherine et Mirabat (Seix), où seules les fouilles récentes ont révélé les bases de donjons.

Dans ces châteaux, les plus anciens indices d’occupation tendent vers la fin du XIIe s ou le tout début du XIIIe s. Celui de Montesquieu était lui aussi forcément construit en 1195 quand il donnait son nom, de mont « esquiu » (farouche) à la paroisse qui l’entoure (« ecclesiam de Monteschivo et de Miramonte cum decimis suis »). Il est ensuite confirmé comme château en 1295 (« castrum seu villam Montesquivi de Aventesio »). Et l’enceinte trapézoïdale, malgré son apparente régularité tient sa forme de ce qu’elle occupe le sommet du rocher dont elle suit le dessin, comme la majorité des fortifications médiévales de nos pays montagnards.

Laissons parler Pascal Audabram qui précise : "Les analogies entre les parements de divers sites couserannais étudiés dans mon mémoire de Master I et dans le cadre du PCR apparaissent également comme des indices supplémentaires d’ancienneté du site de Montesquieu. Par exemple, l’enceinte inférieure paraît postérieure à l’enceinte supérieure. Elle est constituée d'un appareil différent qui évoque les procédés de construction en cours fin XIIIe, XIVe et au-delà (l’esthétisme de l'appareil passe au second plan). On retrouve ces analogies dans les murs de Caumont ou de l’enceinte extérieure de Cazavet. L’enceinte supérieure présente davantage des caractéristiques de la fin du XIIe ou du début du XIIIe, où l'appareil est moins bien agencé qu'au cours du XIIe siècle, tout en conservant un aspect esthétique. On retrouve ces spécificités dans d'autres sites couserannais pouvant dater de la même période (enceinte supérieure de Cazavet ou enceinte extérieure de Durban par exemple)."
Une typochronologie qui a ses limites mais qui donne des repères solides.
Pascal a aussi retrouvé, dans le mur est, la trace de ce qui semblait être la porte unique et primitive. Elle était aménagée au point culminant et donnait donc sur un vide, un accès amovible. Une façon bien médiévale  (XI-XIIIe) de protéger au mieux les entrées, que j’ai voulu illustrer par une petite reconstitution hypothétique.

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Au regard de notre connaissance très partielle du site, et des données collectées au sein de notre Programme Collectif de Recherche ces dernières années (chateaux09.free.fr), c’est bien les XII-XIIIe siècle qu’on doit d'abord proposer pour dater cette enceinte sommitale.

Une fortification comtale

Au début du XIII°s, le comte de Comminges exerce une domination sur tout le Couserans (hormis le Séronais) . La vicomté du Couserans récemment extraite ne concerne que la haute vallée du Salat (en amont de Saint-Lizier) et reste sous la coupe du comte. Les domaines de l'évêché sont disputés (Saint-Lizier, Bédeille, Tourtouse, Montardit, Cérizol) mais ne sont mis sous la domination française  qu’à partir de 1216 (Simon de Montfort). Le Castillonais et le Bas Salat (en aval de Saint-Lizier) dépendent alors toujours de Comminges.

A l’Est, Montesquieu et Contrazy ne sont donc pas seuls sous domination Commingeoise, il faut leur rattacher Lescure (aux mains du seigneur de Montégut, premier vassal du comte, ainsi que Camarade jusqu’en 1208) une bonne part de l’actuelle commune de Montjoie (Belloc, Audinac, Arnac, Lara...) et aussi les terres de Combelongue (jusqu’en 1272 pour devenir Rimont), c'est-à-dire probablement toute la contrée appelée alors Avantès. Ces terroirs se trouvent effectivement en avant, aux marges du comté, supposant l’aspect stratégique de leur fortification.

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Limites orientales du comté de Comminges au début du XIIIe s

Et c’est un fait que la porte orientale du Couserans (et donc du Comminges) donne sur Montesquieu. Aucune autre route vers le comté de Foix que celle qui passe au pied du château n’a donné autant d’indices d’ancienneté et influé autant sur l’occupation du sol. La présence du château-fort de Montesquieu, seul édifice sous la domination directe du comte ne vient que confirmer l’importance de la route.

Les tours de flanquement

Les tours rondes et pleines rajoutées aux angles, si originales mais pas uniques en Couserans, posent un problème spécifique. Je me dois de citer alors Philippe Rouch, concernant " Le château de Sainte-Catherine de Balaguères (canton de Castillon en Couserans, Ariège), un castrum de montagne, premiers résultats de la recherche" (dans Châteaux Pyrénéens au Moyen Age. Naissance, évolutions et fonctions des fortifications médiévales en Comté de Foix, Couserans et Comminges, La Louve Éditions, 2009, p.234-235) :
« En tous les cas, l’adjonction de cette tour pleine [il en a trouvé une seconde lors de la campagne 2008] semble  répondre à un souci de militarisation de la partie seigneuriale…Le schéma technique de cette tour pourrait s’inspirer d’un modèle Philippien, au moins dans ses intentions, reconnu sur d’autres sites, notamment au château de Montesquieu-Avantès (09), où les tours rondes de dimensions voisines ont comme ici été accolées sans chainage à l’enceinte d’origine…Si l’on prend en compte les données archéologiques du sondage…les modifications importantes apportées à l’enceinte seigneuriale pourraient se placer dans une fourchette contemporaine de la deuxième moitié du XIII°s. »

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Tour ronde dégagée à Sainte-Catherine (Balaguères)

Philippe situe donc aussi ces fortifications sommitales dans un contexte franchement médiéval. Et le regard « moderniste » de Gérard Pradalié sur le « fort » de Montesquieu (tel qu’appellé en 1642), proposant en filigrane les tours rondes comme le complément XVIe d’une fortification du XIVe s, constitue en conséquence une proposition originale, à même d’alimenter la recherche.

Recherche qui ne fait que commencer au château de Montesquieu-Avantès !



29 mai 2009

Alzen-Montels-Unjat, à propos historique sur la "voie verte" Foix/Saint-Girons

La création en cours d’une voie verte empruntant l’ancienne voie ferrée Foix/Saint-Girons s’inscrit dans une longue histoire des liaisons routières entre Ariège et Salat.

Faire communiquer ces deux bassins ne semble jamais avoir été simple, et, aujourd'hui encore, la distance qui sépare Foix de sa sous-préfecture Saint-Girons n'est pas que géographique. C'est sur cet axe que la frontière linguistique entre Gascogne et Languedoc était, il y a peu, la plus franche.

La vallée de l'Arize s'intercale, bien sûr, et a longtemps contribué à séparer les 2 zones culturelles. Elle s'est d'ailleurs toujours partagée historiquement entre les 2 influences, d'abord couseranaise pour partie, puis fuxéenne.

A l'origine,

c'est plus en aval, vers le Mas d'Azil, là où le bassin versant se resserre, que les communications semblaient les plus aisées.

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Ainsi, la grotte du Mas d'Azil était pour les magdaléniens un point de rencontre et d'échange, un endroit au statut très particulier, qualifié de "super-site" par les préhistoriens. Il est d'ailleurs étonnant de constater que le Mas d'Azil, associé aux exceptionnelles grottes ornées voisines de Montesquieu-Avantès (http://www.cavernesduvolp.com/) et du Portel (cne de Baulou), dessinent le même itinéraire que celui qui fut pratiqué durant tout le premier millénaire entre Saint-Jean-de-Verges et Saint-Girons/Saint-Lizier (cf. une voie romaine en Couserans).

La géologie, à savoir le milieu karstique, y est sûrement pour beaucoup : pour les préhistoriques, bien sûr, ce terrain offrait des salles enfouies pour communiquer avec des mondes parallèles, et protéger des regards et des intempéries leurs oeuvres d'art ; et pour leurs successeurs, toutes ces eaux souterraines étaient autant d'obstacles en moins en surface pour voyager à sec (cf. la source de Bourch à Montesquieu-Avantès).

De la même manière, pour les populations nomades magdaléniennes, comme pour les besoins antiques, les enjeux n'étaient pas locaux mais régionaux. La haute vallée de l'Ariège étant très peu romanisée, Saint-Jean-de-Verges comme Saint-Girons/Saint-Lizier pouvaient apparaître  autant comme des agglomérations routières (vicus) sur un axe secondaire Aude-Garonne de piémont (Carcassonne - Saint-Bertrand-de-Comminges) que comme des relais économiques avec la montagne indigène.

La création postérieure de la cité du Couserans, autant que la densification plus tardive du peuplement de la Haute Ariège, ne semblent pas avoir changé cet état de fait. Et au Xème siècle, Carcassonne, Foix, Couserans et Comminges sont encore sous une même autorité. Et le Mas d'Azil où se sont implantés des bénédictins reste le principal passage.

Les choses changèrent après l'an mil,

quand se constitua progressivement autour du château de Foix une entité administrative et politique importante, un comté médiéval.

L'intégration effective de la Haute-Arize à ce comté, bien que virtuelle depuis le début, ne s'est vraiment réalisée qu'au milieu du XIIIème siècle quand le comte négocia une part de la domination jusque là dévolue à l'abbaye du Mas d'Azil (et à quelques autres établissements monastiques, prémontrés de Combelongue, hospitaliers de Gabre et de Tor-Boulbonne).

Mais dès avant, l'axe Foix-Saint-Girons par le Séronais était devenu primordial, et avait fait l'objet des attentions des féodaux. Les seigneurs de Montégut-en-Couserans pour le comte de Comminges avaient fortifié Lescure (cf. la bielo de Lescure). Et la famille Amiel (de Rabat puis de Pailhès) tenait pour le comte de Foix au début du XIIIème siècle, les châteaux de Baulou et de Cadarcet, jalonnant un premier itinéraire  au départ de Foix, que reprendra la voie ferrée et notre actuelle voie verte.

Alors à la jonction avec les autres chemins passant par Caralp et son château (col del Bouich ou Tresbens, notre actuelle RD117), s'est mis en place, sous la direction de ces mêmes seigneurs de Rabat/Pailhès, un système de 3 châteaux qu'il est intéressant de détailler :

Le premier d'entre eux, était Alzen, mentionné dès 1167. Il est possible que ce dernier, si haut perché, et dont le comte de Toulouse affirme la supériorité, soit bien plus ancien. Les vestiges architecturaux nous manquent pour en attester.

Le second lui fait face, à Unjat (cne La-Bastide-de-Sérou). Probablement construit au début du XIIIème siècle, il domine à la fois un terroir ancien (ancienneté dont témoigne une auge cinéraire gallo-romaine remployée à côté de l'église), et surveille  la serre de Cor (cne Cadarcet), un axe naturel entre Saint-Jean-de-Verges et Séronais. Alzen et Unjat  encadrent déjà l'axe naissant Foix-Saint-Girons, tout en jalonnant un itinéraire, Rabat-Pailhès passant par Gabre et Sabarat (autant  de villages qui étaient originellement de la seigneurie des Amiel). Nul doute qu'une domination sur une telle étendue, comme celle de l'abbaye du Mas d'Azil sur la haute vallée de l'Arize, a une origine carolingienne.

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L'auge cinéraire d'Unjat figure, en face avant, le buste de 2 gallo-romains dont il abritait les cendres.

Au milieu du XIIIème siècle, alors que les tumultes liés à la croisade albigeoise aboutissent notamment à un conflit entre Toulouse et Foix, et que le passage en Séronais devient fuxéen, Bernard Amiel de Pailhès se rebiffe et ne veut plus reconnaitre la suzeraineté du comte de Foix sur ses châteaux (1243). Parmi ces châteaux , figurent Alzen et Unjat bien sûr, mais aussi au point de jonction de tous ces itinéraires, une troisième fortification, celle de Montels.

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Le promontoire d'Alzen, la route et les douves du château de Montels (vus depuis la voie verte)

Cette dernière, bien que totalement arasée, se devine toujours entre la RD117 et la voie verte. En fond de vallée, protégée par des fossés, on peut en apercevoir les fondations par temps très sec. Et il faut imaginer la route médiévale au plus proche, longeant ensuite l'Aujolle en rive droite en direction de la bastide de Sérou et de la bastide d'Antusan (Tour du Loup) puis Castelnau-Durban, autant de créations fuxéennes.

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Traces de la fortification de Montels à Manchifrotte et la voie verte en arrière-plan

La construction de Montels au plus près de la route et dans l'alignement exact de ses 2 grands frères, apparait alors autant comme la prise en compte de l'augmentation des échanges entre ces agglomérations qui se créent (bastides) que comme la matérialisation du conflit Pailhès-Foix (qui aura des conséquences administratives jusqu'à la révolution).

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"Alzen en Languedoc, Labastide de Cerou en Foix" (plan de la seigneurie de Castelnau, 1698 ADA36J)

Un péage y a alors été probablement établi, et  la mauvaise réputation du relais routier s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans la toponymie des lieux, Manchifrotte (="Mal s'y frotte").

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Malchifrotte relais sur les routes du début du XVIII°s (carte de La Blottières vers 1730)

Pour plus de renseignements sur ces problèmes de chemins et l'histoire castrale mouvementée de la Haute-Arize, je vous invite à vous procurer l'ouvrage collectif auquel j'ai contribué sur ce sujet et qui vient de sortir...

 

"Châteaux pyrénéens au Moyen Âge, Naissance, évolutions et fonctions des fortifications médiévales en comtés de Foix, Couserans et Comminges", Sous la direction de Florence Guillot, La Louve ed., 2009

Posté par Denis Mirouse à 15:09 - Archéogéographie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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08 mars 2009

La Bielo de Lescure

C’est comme cela que le cadastre transcrit le nom de la viela de Lescure.

 

Et aujourd’hui, les habitants l’appellent le village (une des traductions possibles du gascon viela), oubliant quelque peu ses origines médiévales mais reconnaissant ainsi que c’est à partir de ce hameau, plus que de tous les autres, que la seigneurie puis la commune s’est créée.

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Le château (façade nord)

La viela est une agglomération villageoise qui s’est développée autour d’un château féodal (castrum mentionné en 1276) puis s’est entourée de remparts. Rien que de très classique, mais les vestiges visibles laisse imaginer une histoire plus complexe.

Le nom du lieu « la escura » (mentionné en 1183) n’évoque pas une fortification, mais une grange, une écurie, donc plutôt un habitat voué aux activités agricoles. On peut alors raisonnablement supposer que l’église dédiée à Saint-Michel, bien extérieure au château (et mentionnée avant lui en 1195), l’a aussi précédé. De plus cette église semble avoir été elle-même incluse dans une enceinte indépendante...

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Vestiges de l'enceinte ecclésiale (angle sud-est)

Mais comme ni les textes, ni l’archéologie, ne sont prolixes sur Lescure, il était intéressant de faire parler sa structure même, sa forme. Cette morphologie ne semble d’ailleurs pas avoir beaucoup évolué depuis la fin du Moyen-âge, et le cadastre actuel en rend compte.

 

Ce plan cadastral permet (assorti des quelques observations de terrain indispensables) de proposer des phases dans le développement :

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Phases du développement du village de Lescure


  1. Construction d’une église dédiée à Saint-Michel, centre d'un terroir desservi par une voie naturelle (une crête ou serre) depuis la voie antique (Montesquieu-Avantès) (entre le IXème et le XIIème siècle?).
  2. Construction d’un castrum (logis seigneurial et village castral) sur cette route qui dessert le Séronais et Foix, sur le point culminant et en bordure du plateau, par le seigneur de Montégut-en-Couserans, (fin XIIe siècle-début XIIIe siècle).
  3. Agglomération de l'habitat autour de l'église dans une enceinte indépendante du castrum (et donc du seigneur laïque?) (fin XIIIe siècle ou "fort villageois" du XIVe siècle?).
  4. Extension ou déplacement du village castral vers le sud.
  5. Extension vers l'ouest de l'enceinte ecclésiale et jonction des deux fortifications.
  6. Le vaste village fortifié ainsi créé, la viela, aboutit finalement à une forme plus compacte en repoussant un peu plus au nord et au sud, l’enceinte. Il atteint alors son étendue définitive.

Il va sans dire que ce phasage reste hypothétique tant qu'on n'aura pas fait parler un peu plus les archives, notamment celles du sol...

Posté par Denis Mirouse à 17:55 - Archéogéographie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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14 octobre 2008

Randonnée historique à Lescure

Il m'a semblé qu'il était difficile de lire des sous-titres et d'apprécier le paysage en même temps, comme sur ma précédente video. Ceci d'autant plus que l'image est souvent surchargée par les toponymes.

Voici donc deux "innovations" importantes dans cette nouvelle video : un commentaire audio (on s'y est collé à deux, ma compagne Emilie et moi) et un affichage des toponymes dynamique (pour ne pas tout afficher en même temps). J'ai aussi mis un peu de brume et je suis passé en 24 image/s (au lieu de 25) pour éviter que l'hébergeur video rajoute ces sauts désagréables de la première tentative.

...Pour la voir en HD (haute définition) ou en plein écran...

Et j'en ai profité pour vous parler d'un projet qui me tient à coeur en ce moment. Il s'agit d'un sentier à thématique historique, dans ma commune de Lescure (09), en Avantès. Cette randonnée de 7,5 km, que l'on a testé positivement lors des dernières journées du Patrimoine, est quasiment chronologique.

clocher_noguesAu départ du clocher de Noguès, ancienne église paroissiale, elle relie trois autres sites médiévaux. Et elle prétend illustrer le passage d'un paysage de l'an mil, quasiment hérité de l'antiquité, à celui, transformé par la féodalité, qui a si fortement déterminé nos bourgs et  le dessin de nos communes.

Et même si cette boucle pédestre n'est pas encore balisée, ni topoguidée, je vous invite à venir visiter les lieux.

Avec le clocher, la bielo de Lescure (viela, faudrait-il écrire) mérite votre visite. Elle a gardé son plan médiéval et une bonne part de ses enceintes.

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Difficile d'aller plus dans le détail dans une video de 2 mn.
Les documents médiévaux sont très rares dans le Couserans (hormis en Séronais). Mais une présence monastique proche (les prémontrés de Combelongue à Rimont et les hospitaliers de Saint-Martin et Audinac, à Saint-Girons et Montjoie) nous permet d'entrevoir une petite histoire de l'Avantès médiéval (qui s'étend de Montesquieu-Avantès à Rimont). Je vais m'y atteler...et je vous tiens au courant.

Pour rester connecté...

08 octobre 2008

Une voie romaine en Couserans ?

Il semble évident que l'agglomération gallo-romaine de Saint-Girons et sa fortification tardive de Saint-Lizier, étaient reliées à l'Ouest par une route de nature publique...vers Toulouse et Lugdunum (Saint-Bertrand-de-Comminges), empruntant les vallées du Salat et de la Garonne.

C'est pourtant sur la porte orientale du Couserans, que la tradition d'une voie romaine était la plus vivace. Et là, la question méritait vraiment d'être posée!

J'ai écrit un article sur ce sujet [Mirouse (D.) « Une Voie romaine en Couserans ? Monographie historique et géographique d'un axe transversal en piémont ariégeois », Revue de Comminges, n°123, fasc. 1 et 2, p. 7-40, 2007]. Et j'ai voulu l'illustrer par une video.

...Pour la voir en HD (haute définition) ou en plein écran...

Cette présentation a l'avantage de couvrir un vaste champs historique et géographique... et ainsi fournir de bons repères pour de nombreux billets à venir.

Je pense que ce genre de parcours virtuel est une forme intéressante de médiation.  J'attends vos avis sur le sujet.

Pour télécharger l'article (Acrobat Reader 7.0 minimum) : chapitre 1 chapitre 2

Pour rester connecté...

Posté par Denis Mirouse à 11:18 - Archéogéographie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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