BlogNotes

Mes domaines d'intérêt et de recherche mêlant graphisme, images virtuelles et archéologie

10 janvier 2009

Voeux antiques, pas en toc

A l'époque antique, pour que ses voeux se réalisent, on bénéficiait des appuis divins. Valerius Justus, habitant gallo-romain de Lescure, a semble-t-il bénéficié de l'aide de Jupiter. Ses voeux de beau temps ont probablement été exaucés, et sans doute les récoltes ont été exceptionnelles, car ses bénéfices d'alors lui ont permis de faire graver ses remerciements à Jupiter dans un beau bloc de marbre blanc (de Saint-Béat?) pour rappeler que :

I(ovi) O(ptimo) M(aximo) [a Jupiter, très bon, très grand]

AUCTORI BONARUM TEMPESTATIUM [garant des bonnes saisons]

VAL(erius) JUSTUS P1030106

Ce magnifique autel votif d'1,20m de haut est parmi les plus beaux mobiliers antiques découverts en Ariège.

Il était en remploi au XVIIIème siècle, dans l'église aujourd'hui disparue de Saint-Aignan, à Lescure.

Les paroissiens l'utilisèrent ensuite comme support de Bénitier dans l'église paroissiale de Lescure jusqu'au début du XIXème siècle où il fut déposé au musée départemental.

S'il n'était propriété du département de l'Ariège et difficilement transportable, il aurait sûrement trouvé sa place dans l'exposition actuelle du musée Saint-Raymond de Toulouse "MARBRES, HOMMES ET DIEUX" parmi 2 autels comparables de même grandeur (le notre est tout de même représenté sur un grand panneau pédagogique).

Il est actuellement visible au château de Foix parmi quelques chapiteaux romans.

Malheureusement, encore en transit (pour rejoindre dans quelques années la collection antique du musée du palais des évêques de Saint-Lizier, dont il constituera sans doute un des pièces maîtresse), il ne bénéficie actuellement d'aucune signalétique.

A défaut d'aller au château de Foix, je vous invite à le découvrir virtuellement  sur le site de sa découverte (grâce au plugin googleearth qui est un bien meilleur moteur 3D que celui en Flash utilisé au dessus).
Un espace voué aux cultes depuis bien longtemps, et  toujours appelé "la gleise" (l'église)  : invocant Jupiter, il y a 2000 ans ; dédié au christ et à Saint Aignan, il y a 800 ans ; et  depuis peu, au  ballon rond...

Venez y faire un tour !

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02 novembre 2008

Le château de Durban-sur-Arize, 09

Sur le même principe que ma video précédente sur le clocher de Noguès, voici une autre capture video d'une maquette 3D en VRML.

Celle-ci représente le château de Durban-sur-Arize, forteresse antique et médiévale sur laquelle j'ai fait une communication l'an dernier (lors du colloque "Pouvoirs Pyrénéens, de la résidence aristocratique au castrum", 27-28 octobre 2007, Seix, 09).

Cette présentation est un condensé de l'intervention, traitant essentiellement de l'architecture du lieu. J'y ai rajouté le nécessaire commentaire (dont vous excuserez la piètre qualité sonore).

En attendant, la parution des actes du colloque (vers avril 2009 ?), je vais évoquer brièvement l'histoire du lieu.

Durban désigne à l'origine l'éperon barré qui contrôle l'accès à la haute vallée de l'Arize (le Séronais). Le massif de l'Arize a ceci de particulier qu'il fut exploité pour ses ressources minières plus tôt que le reste du Couserans et de l'Ariège. Dès le IIe s. av. JC, cette économie était tournée vers le monde romain et logiquement sous le contrôle des Volsques Tectosages, gaulois de Toulouse. Durban, à l'étymologie celte, dominait l'Arize, vecteur privilégié de ces échanges.

La nature publique du lieu, semble confirmée par l'ampleur des fortifications (presque 9 Ha), et l'existence dès le VI-VIIème siècle, d'une importante nécropole. L'église Saint-Sernin qui, selon les textes, a précédé l'église romane Sainte-Marie fut sans  doute le premier lieu de culte chrétien en haute Arize, suivant peut-être de peu la création de l'évêché du Couserans.

Au IXème siècle, Durban et sa domination sur la vallée sont logiquement passés dans les mains de l'abbaye bénédictine du Mas d'Azil, nouvellement fondée et dotée par le pouvoir carolingien.

Au milieu du XI ème siècle, la féodalité suscitée par les familles comtales a poussé un laïc Guillaume Aton à venir y construire un château et y résider. Mais la réforme grégorienne a poussé ses descendants à restituer le château à Dieu et à l'abbé, qui le leur rendit en fief.

Durban_fig04

Cet équilibre négocié, a tenu un temps la haute Arize à l'écart des prétentions du comte de Foix. Mais le milieu du XIIIème siècle et l'issue de la croisade albigeoise,  a vu ce dernier devenir coseigneur des domaines de l'abbaye et Loup de Foix, son demi-frère, devenir seigneur de Durban.

L'intégration effective de la vallée au comté de Foix, fit progressivement perdre à Durban son statut d'unique forteresse. Les lieux du pouvoir public se déplacèrent vers d'autres châteaux et bastides nouvellement créés par le comte.

Le bâtiment continua d'être lieu de résidence. Il échappa aux destructions royales durant les guerres de religion, mais fut abandonné au milieu du XVII ème siècle.

Depuis 1990, il est la propriété de l'association Mille Pattes, qui vise à l'ouvrir au public. 

27 octobre 2008

Notre-Dame-du-Clocher à Noguès, Lescure (09)

Pour prolonger un billet précédent qui traite d'une randonnée au départ du clocher de Noguès, je me suis résolu à mettre en ligne une maquette virtuelle des vestiges de cette église.

La maquette est en VRML (Virtual Reality Markup Language), un des rares format standard pour la 3D sur le WEB. Mais ce standard semble tomber en désuétude. Et de toute façon, il faut un plugin que vous n'avez surement pas. J'ai donc préféré faire une capture video de sa visualisation (avec Cortona Player). Et tant pis pour l'interactivité.

Dailleurs, cela m'a permis au passage d'y rajouter un peu de musique (extrait de "Relayer", Yes).

Ce n'est qu'une maquette partielle réalisée en mai 2006, pour tester une méthode et un outil de modélisation architecturale. En l'occurence, il s'agissait de restituer des vestiges, des murs qui ont subi les outrages du temps, des objets architecturaux qui ne peuvent se réduire à des primitives géométriques simples. L'outil que j'ai développé, a aussi l'ambition de permettre une analyse du bâti, en isolant des murs, et dans ces murs des unités stratigraphiques...et pourquoi pas leurs relations.

Ainsi, vous pourrez identifier dans une des parois de la nef, l'encadrement d'une porte en plein cintre et d'un angle de mur, seuls vestiges visibles de l'église romane Sainte-Marie Descofin mentionnée en 1195.

Cette église est devenue, vers la fin du Moyen-âge, l'église paroissiale de la communauté de Lescure. Elle fut agrandie et dotée d'un clocher monumental, sur le modèle de celui de Saint-Sernin de Toulouse.

Mais l'église est restée isolée de l'habitat, uniquement entourée de cyprès. Et peut-être est-ce la raison de sa ruine au courant du XXe siècle...

Aujourd'hui, cet environnement préservé, cet isolement, la singularise et lui confère un fort pouvoir d'évocation. Elle est devenue emblématique de la commune de Lescure.

Une association (Assoc. des Amis du Clocher de Noguès, mairie 09420 Lescure, clocher.nogues@laposte.net ) s'est constituée pour aider la municipalité dans son projet de sauvegarde. Mais la tâche s'avère coûteuse.

Alors, il reste à faire connaître le lieu (à l'écart des routes et des regards) pour que l'intérêt qu'il suscite dépasse le cadre communal... Peut-être cette représentation virtuelle, même inachevée, y contribuera. 

21 octobre 2008

Facsimile du facsimile de Niaux

Voici, pour changer, une petite immersion dans la préhistoire : une balade interactive dans le salon noir de Niaux.

Interactive, parce qu'au contraire des vidéos montrées précédemment, les images sont calculées en temps réel et autorisent une petite navigation. Mais comme mon intention était d'en faire profiter le plus grand nombre, j'ai opté de les faire calculer par du Flash dont le lecteur est largement diffusé (il faut quand même un FlashPlayer8.5 au minimum).

le losange pour se déplacer à l'horizontale, le cercle pour s'orienter, le trapèze pour s'élever

J'ai donc écrit un petit logiciel en ActionScript3 qui utilise Sandy (http://www.flashsandy.org) pour le rendu 3D temps réel et propose une navigation sommaire et pas guidée du tout .

Le plus complexe était de créer un modèle 3D de la paroi.

Pour cela, j'ai fait appel à la photogrammétrie, c'est à dire utiliser des photographies pour faire des relevés. L'avènement de la photographie numérique et des micro-ordinateurs ont démocratisé cette technique, qui jusqu'alors nécessitait des appareils de prise de vue analogiques très coûteux. Nos cartes IGN au 1/25000 ont en grande partie été réalisées via cette technique.

Mais faire des relevés ne suffit pas à modéliser...Pour une paroi, il faut pouvoir définir des surfaces et les texturer (si possible avec une photo).

Bien entendu, il n'était pas possible, de faire des prises de vues dans la grotte, et j'ai donc modélisé la reproduction visible au Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège (www.sesta.fr) . Il s'agit donc d'un facsimile du facsimile.

Bien entendu, les conditions de prise de vue étant un peu "touristiques", il m'a été difficile de couvrir de manière égale toute la surface (d'où quelques petits trous).  Et J'ai opéré avec l'éclairage habituel de la salle, dans un temps limité, ... je crois que cela se voit.

Mais pour un test, c'était probant. Avec une meilleure couverture photographique, et une modélisation plus fine (bref avec plus de temps et de moyens), je pense qu'on peut avoir un très bon rendu.

Posté par Denis Mirouse à 00:00 - Modélisation 3D - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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14 octobre 2008

Randonnée historique à Lescure

Il m'a semblé qu'il était difficile de lire des sous-titres et d'apprécier le paysage en même temps, comme sur ma précédente video. Ceci d'autant plus que l'image est souvent surchargée par les toponymes.

Voici donc deux "innovations" importantes dans cette nouvelle video : un commentaire audio (on s'y est collé à deux, ma compagne Emilie et moi) et un affichage des toponymes dynamique (pour ne pas tout afficher en même temps). J'ai aussi mis un peu de brume et je suis passé en 24 image/s (au lieu de 25) pour éviter que l'hébergeur video rajoute ces sauts désagréables de la première tentative.

...Pour la voir en HD (haute définition) ou en plein écran...

Et j'en ai profité pour vous parler d'un projet qui me tient à coeur en ce moment. Il s'agit d'un sentier à thématique historique, dans ma commune de Lescure (09), en Avantès. Cette randonnée de 7,5 km, que l'on a testé positivement lors des dernières journées du Patrimoine, est quasiment chronologique.

clocher_noguesAu départ du clocher de Noguès, ancienne église paroissiale, elle relie trois autres sites médiévaux. Et elle prétend illustrer le passage d'un paysage de l'an mil, quasiment hérité de l'antiquité, à celui, transformé par la féodalité, qui a si fortement déterminé nos bourgs et  le dessin de nos communes.

Et même si cette boucle pédestre n'est pas encore balisée, ni topoguidée, je vous invite à venir visiter les lieux.

Avec le clocher, la bielo de Lescure (viela, faudrait-il écrire) mérite votre visite. Elle a gardé son plan médiéval et une bonne part de ses enceintes.

Lescure_1825_enceintes

Difficile d'aller plus dans le détail dans une video de 2 mn.
Les documents médiévaux sont très rares dans le Couserans (hormis en Séronais). Mais une présence monastique proche (les prémontrés de Combelongue à Rimont et les hospitaliers de Saint-Martin et Audinac, à Saint-Girons et Montjoie) nous permet d'entrevoir une petite histoire de l'Avantès médiéval (qui s'étend de Montesquieu-Avantès à Rimont). Je vais m'y atteler...et je vous tiens au courant.

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08 octobre 2008

Une voie romaine en Couserans ?

Il semble évident que l'agglomération gallo-romaine de Saint-Girons et sa fortification tardive de Saint-Lizier, étaient reliées à l'Ouest par une route de nature publique...vers Toulouse et Lugdunum (Saint-Bertrand-de-Comminges), empruntant les vallées du Salat et de la Garonne.

C'est pourtant sur la porte orientale du Couserans, que la tradition d'une voie romaine était la plus vivace. Et là, la question méritait vraiment d'être posée!

J'ai écrit un article sur ce sujet [Mirouse (D.) « Une Voie romaine en Couserans ? Monographie historique et géographique d'un axe transversal en piémont ariégeois », Revue de Comminges, n°123, fasc. 1 et 2, p. 7-40, 2007]. Et j'ai voulu l'illustrer par une video.

...Pour la voir en HD (haute définition) ou en plein écran...

Cette présentation a l'avantage de couvrir un vaste champs historique et géographique... et ainsi fournir de bons repères pour de nombreux billets à venir.

Je pense que ce genre de parcours virtuel est une forme intéressante de médiation.  J'attends vos avis sur le sujet.

Pour télécharger l'article (Acrobat Reader 7.0 minimum) : chapitre 1 chapitre 2

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Posté par Denis Mirouse à 11:18 - Archéogéographie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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