Alzen-Montels-Unjat, à propos historique sur la "voie verte" Foix/Saint-Girons
La création en cours d’une voie verte empruntant l’ancienne voie ferrée Foix/Saint-Girons s’inscrit dans une longue histoire des liaisons routières entre Ariège et Salat.
Faire communiquer ces deux bassins ne semble jamais avoir été simple, et, aujourd'hui encore, la distance qui sépare Foix de sa sous-préfecture Saint-Girons n'est pas que géographique. C'est sur cet axe que la frontière linguistique entre Gascogne et Languedoc était, il y a peu, la plus franche.
La vallée de l'Arize s'intercale, bien sûr, et a longtemps contribué à séparer les 2 zones culturelles. Elle s'est d'ailleurs toujours partagée historiquement entre les 2 influences, d'abord couseranaise pour partie, puis fuxéenne.
A l'origine,
c'est plus en aval, vers le Mas d'Azil, là où le bassin versant se resserre, que les communications semblaient les plus aisées.

Ainsi, la grotte du Mas d'Azil était pour les magdaléniens un point de rencontre et d'échange, un endroit au statut très particulier, qualifié de "super-site" par les préhistoriens. Il est d'ailleurs étonnant de constater que le Mas d'Azil, associé aux exceptionnelles grottes ornées voisines de Montesquieu-Avantès (http://www.cavernesduvolp.com/) et du Portel (cne de Baulou), dessinent le même itinéraire que celui qui fut pratiqué durant tout le premier millénaire entre Saint-Jean-de-Verges et Saint-Girons/Saint-Lizier (cf. une voie romaine en Couserans).
La géologie, à savoir le milieu karstique, y est sûrement pour beaucoup : pour les préhistoriques, bien sûr, ce terrain offrait des salles enfouies pour communiquer avec des mondes parallèles, et protéger des regards et des intempéries leurs oeuvres d'art ; et pour leurs successeurs, toutes ces eaux souterraines étaient autant d'obstacles en moins en surface pour voyager à sec (cf. la source de Bourch à Montesquieu-Avantès).
De la même manière, pour les populations nomades magdaléniennes, comme pour les besoins antiques, les enjeux n'étaient pas locaux mais régionaux. La haute vallée de l'Ariège étant très peu romanisée, Saint-Jean-de-Verges comme Saint-Girons/Saint-Lizier pouvaient apparaître autant comme des agglomérations routières (vicus) sur un axe secondaire Aude-Garonne de piémont (Carcassonne - Saint-Bertrand-de-Comminges) que comme des relais économiques avec la montagne indigène.
La création postérieure de la cité du Couserans, autant que la densification plus tardive du peuplement de la Haute Ariège, ne semblent pas avoir changé cet état de fait. Et au Xème siècle, Carcassonne, Foix, Couserans et Comminges sont encore sous une même autorité. Et le Mas d'Azil où se sont implantés des bénédictins reste le principal passage.
Les choses changèrent après l'an mil,
quand se constitua progressivement autour du château de Foix une entité administrative et politique importante, un comté médiéval.
L'intégration effective de la Haute-Arize à ce comté, bien que virtuelle depuis le début, ne s'est vraiment réalisée qu'au milieu du XIIIème siècle quand le comte négocia une part de la domination jusque là dévolue à l'abbaye du Mas d'Azil (et à quelques autres établissements monastiques, prémontrés de Combelongue, hospitaliers de Gabre et de Tor-Boulbonne).
Mais dès avant, l'axe Foix-Saint-Girons par le Séronais était devenu primordial, et avait fait l'objet des attentions des féodaux. Les seigneurs de Montégut-en-Couserans pour le comte de Comminges avaient fortifié Lescure (cf. la bielo de Lescure). Et la famille Amiel (de Rabat puis de Pailhès) tenait pour le comte de Foix au début du XIIIème siècle, les châteaux de Baulou et de Cadarcet, jalonnant un premier itinéraire au départ de Foix, que reprendra la voie ferrée et notre actuelle voie verte.
Alors à la jonction avec les autres chemins passant par Caralp et son château (col del Bouich ou Tresbens, notre actuelle RD117), s'est mis en place, sous la direction de ces mêmes seigneurs de Rabat/Pailhès, un système de 3 châteaux qu'il est intéressant de détailler :
Le premier d'entre eux, était Alzen, mentionné dès 1167. Il est possible que ce dernier, si haut perché, et dont le comte de Toulouse affirme la supériorité, soit bien plus ancien. Les vestiges architecturaux nous manquent pour en attester.
Le second lui fait face, à Unjat (cne La-Bastide-de-Sérou). Probablement construit au début du XIIIème siècle, il domine à la fois un terroir ancien (ancienneté dont témoigne une auge cinéraire gallo-romaine remployée à côté de l'église), et surveille la serre de Cor (cne Cadarcet), un axe naturel entre Saint-Jean-de-Verges et Séronais. Alzen et Unjat encadrent déjà l'axe naissant Foix-Saint-Girons, tout en jalonnant un itinéraire, Rabat-Pailhès passant par Gabre et Sabarat (autant de villages qui étaient originellement de la seigneurie des Amiel). Nul doute qu'une domination sur une telle étendue, comme celle de l'abbaye du Mas d'Azil sur la haute vallée de l'Arize, a une origine carolingienne.

L'auge cinéraire d'Unjat figure, en face avant, le buste de 2 gallo-romains dont il abritait les cendres.
Au milieu du XIIIème siècle, alors que les tumultes liés à la croisade albigeoise aboutissent notamment à un conflit entre Toulouse et Foix, et que le passage en Séronais devient fuxéen, Bernard Amiel de Pailhès se rebiffe et ne veut plus reconnaitre la suzeraineté du comte de Foix sur ses châteaux (1243). Parmi ces châteaux , figurent Alzen et Unjat bien sûr, mais aussi au point de jonction de tous ces itinéraires, une troisième fortification, celle de Montels.

Le promontoire d'Alzen, la route et les douves du château de Montels (vus depuis la voie verte)
Cette dernière, bien que totalement arasée, se devine toujours entre la RD117 et la voie verte. En fond de vallée, protégée par des fossés, on peut en apercevoir les fondations par temps très sec. Et il faut imaginer la route médiévale au plus proche, longeant ensuite l'Aujolle en rive droite en direction de la bastide de Sérou et de la bastide d'Antusan (Tour du Loup) puis Castelnau-Durban, autant de créations fuxéennes.

Traces de la fortification de Montels à Manchifrotte et la voie verte en arrière-plan
La construction de Montels au plus près de la route et dans l'alignement exact de ses 2 grands frères, apparait alors autant comme la prise en compte de l'augmentation des échanges entre ces agglomérations qui se créent (bastides) que comme la matérialisation du conflit Pailhès-Foix (qui aura des conséquences administratives jusqu'à la révolution).

"Alzen en Languedoc, Labastide de Cerou en Foix" (plan de la seigneurie de Castelnau, 1698 ADA36J)
Un péage y a alors été probablement établi, et la mauvaise réputation du relais routier s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans la toponymie des lieux, Manchifrotte (="Mal s'y frotte").

Malchifrotte relais sur les routes du début du XVIII°s (carte de La Blottières vers 1730)
Pour plus de renseignements sur ces problèmes de chemins et l'histoire castrale mouvementée de la Haute-Arize, je vous invite à vous procurer l'ouvrage collectif auquel j'ai contribué sur ce sujet et qui vient de sortir...
Le lavoir-abreuvoir de Bourch (Montesquieu-Avantès et Lescure, 09)
Le 21 mars prochain, l'office de tourisme de Saint-Girons, à l'occasion de la journée mondiale de l'eau, rassemblera nombre d'associations, organismes ou acteurs locaux directement ou indirectement intéressés par ce thème.
Il m'a été proposé d'avoir un stand et d'exposer quelques panneaux ce jour-là sur le lavoir de Bourch, car j'ai l'objectif d'intéresser un maximum de personnes à son sort (à défaut un minimum pourrait suffire), pour envisager les moyens de sa sauvegarde.
Depuis sa construction, (au courant du XIXème siècle?) il semble avoir constamment été bichonné par ses usagers : les habitants de Bourch (Montesquieu-Avantès), autant que ceux de Samiac (Lescure) et bien sûr leur bétail qui venait s'y abreuver.
Et paradoxalement, il nous est parvenu sans aucune transformation importante, sans "bétonnage", toujours constitué de ces dalles calcaires jointives, maçonnées à la chaux. Il conserve donc toujours son aspect originel et vernaculaire (hormis les tuiles plates, qui, il y a quelques décennies, ont remplacé les tuiles canal).
On peut se réjouir qu'il ait gardé aussi un usage agricole. Mais cette utilisation qui a été jusque là sa chance pourrait peut-être signifier prochainement sa perte. Aujourd'hui les pratiques ont changé. On ne mène plus le bétail, mais on le parque. A Bourch, le lavoir a aussi été parqué et les vaches sont devenues ses usagères exclusives, l'utilisant aussi parfois comme baignoire, et accentuant l'envasement progressif dû à quelques fuites sur l'abreuvoir. Les clôtures, les ronces, l'envasement finissent de fermer le site, et contribuent grandement à l'effacer du paysage comme des mémoires.
Bien sûr, il n'est plus question pour les habitants de venir y faire leur lessive, d'y nettoyer les boyaux du cochon... et le bétail de Lescure, pour se désaltérer, se satisfait du ruisseau qui y prend source.

Mais ce lavoir a tout de même un plus qu'il faut que j'expose ici.
L'eau a toujours été un obstacle important pour le déplacement. Alors le plus ancien tracé routier, encore visible dans le paysage de l'Avantès, fit le choix pour rester à sec de traverser à la source.
L'ancienneté de ce chemin carrossable est attestée, entre Arize et Salat, par de nombreux équipements routiers, dont certains remontent au moins à Charlemagne :
- Un lieu aux environs de Maury (Mas-d'Azil), appelé au XIème s Tavernulas (Taverne), devait tenir son nom d'un ancien relais d'hospitalité remplacé dans ce rôle au IXème s par l'abbaye bénédictine du Mas d'Azil.
- Cette antiquité est attestée par tous les toponymes du premier millénaire (Bergerat, Audinac, Arnac, Sentenac, Dougnac, Samiac, Loubercenac...) qui en Couserans se concentrent à proximité du parcours.
- Au Saret (Mas d'Azil), le nom ancien d'Estelette, comme Lestelle en Comminges, ou l'Etoile à Paris, désignait la bifurcation vers le Séronais, partie orientale et excentrée du Couserans.
- A Peyrefitte (Lescure), en 1272, une borne (une pierre fichée?) marquait sur la route la limite comtale et diocésaine entre Foix et Couserans.
- Dans le siècle précédant, le comte de Comminges avait construit son principal château en Couserans sur cette même route, à Montesquieu-Avantès.
- Et en 1295, il permit aux hospitaliers de Saint-Jean d'équiper l'itinéraire d'un hopital à Audinac (Montjoie-en-Couserans).
- Peu avant, l'évêque de Couserans et le roi de France, eux-même, avaient pris acte de l'importance de cette route pour le Couserans en y construisant la bastide fortifiée de Montjoie.
Selon Michel Rouche, il y eut sous Charlemagne une reprise en main de la voierie antique aux même fins de contrôle de l'empire. C'est dans cette optique que l'on peut voir l'installation des bénédictins au Mas d'Azil et leur domination sur la haute vallée de l'Arize, véritable relais de l'administration carolingienne. Alors, il fait peu de doute à observer la nature des vestiges comme son utilité première, que notre voie, plus qu'une création nouvelle, servait à l'origine à relier les agglomérations gallo-romaines de Saint-Girons/Saint-Lizier et Saint-Jean-de-Verges.
Pour revenir à notre lavoir, la source s'est donc trouvée dans l'emprise de cette route importante, rare point de stabilité au milieu d'un parcours fluctuant. Et le parcellaire environnant en garde évidemment la trace...
Voici comment j'en rendrai compte le 21...

Cette route, ligne pérenne dans le paysage, servit donc à délimiter le territoire du comte de Comminges (Montesquieu) de celui de son vassal, le seigneur de Montégut-en-Couserans, (possédant les châteaux de Lescure et Camarade).
C'est pour cela qu'aujourd'hui, le lavoir-abreuvoir se trouve sur le domaine public, limitrophe des deux communes.
Et c'est peut-être aussi la raison principale du peu d'intérêt qu'il suscite. Périphérique, à l'écart des hameaux, caché dans les broussailles, l'appropriation collective de ce patrimoine s'est diluée progressivement.
Au point que, malgré qu'il soit cité parmi les 7 lavoirs intéressants à réhabiliter sur le territoire du futur PNR (cf p.109 du rapport consultable sur www.projet-pnr-pyrenees-ariegeoises.com) , il n'a toujours pas pris le départ de la course aux subventions promises par cette structure.
Pour inverser la tendance, je ne vois qu'une seule solution, le faire connaître... Et la journée du 21 mars à Saint-Girons sera sûrement une bonne occasion.
La Bielo de Lescure
C’est comme cela que le cadastre transcrit le nom de la viela de Lescure.
Et aujourd’hui, les habitants l’appellent le village (une des traductions possibles du gascon viela), oubliant quelque peu ses origines médiévales mais reconnaissant ainsi que c’est à partir de ce hameau, plus que de tous les autres, que la seigneurie puis la commune s’est créée.

Le château (façade nord)
La viela est une agglomération villageoise qui s’est développée autour d’un château féodal (castrum mentionné en 1276) puis s’est entourée de remparts. Rien que de très classique, mais les vestiges visibles laisse imaginer une histoire plus complexe.
Le nom du lieu « la escura » (mentionné en 1183) n’évoque pas une fortification, mais une grange, une écurie, donc plutôt un habitat voué aux activités agricoles. On peut alors raisonnablement supposer que l’église dédiée à Saint-Michel, bien extérieure au château (et mentionnée avant lui en 1195), l’a aussi précédé. De plus cette église semble avoir été elle-même incluse dans une enceinte indépendante...

Vestiges de l'enceinte ecclésiale (angle sud-est)
Mais comme ni les textes, ni l’archéologie, ne sont prolixes sur Lescure, il était intéressant de faire parler sa structure même, sa forme. Cette morphologie ne semble d’ailleurs pas avoir beaucoup évolué depuis la fin du Moyen-âge, et le cadastre actuel en rend compte.
Ce plan cadastral permet (assorti des quelques observations de terrain indispensables) de proposer des phases dans le développement :

Phases du développement du village de Lescure
- Construction d’une église dédiée à Saint-Michel, centre d'un terroir desservi par une voie naturelle (une crête ou serre) depuis la voie antique (Montesquieu-Avantès) (entre le IXème et le XIIème siècle?).
- Construction d’un castrum (logis seigneurial et village castral) sur cette route qui dessert le Séronais et Foix, sur le point culminant et en bordure du plateau, par le seigneur de Montégut-en-Couserans, (fin XIIe siècle-début XIIIe siècle).
- Agglomération de l'habitat autour de l'église dans une enceinte indépendante du castrum (et donc du seigneur laïque?) (fin XIIIe siècle ou "fort villageois" du XIVe siècle?).
- Extension ou déplacement du village castral vers le sud.
- Extension vers l'ouest de l'enceinte ecclésiale et jonction des deux fortifications.
- Le vaste village fortifié ainsi créé, la viela, aboutit finalement à une forme plus compacte en repoussant un peu plus au nord et au sud, l’enceinte. Il atteint alors son étendue définitive.
Il va sans dire que ce phasage reste hypothétique tant qu'on n'aura pas fait parler un peu plus les archives, notamment celles du sol...
Randonnée à Mirabat
Parmi les nombreuses randonnées pédestre que nous offre la haute vallée du Salat, il y en a une que je vous conseille particulièrement : celle qui nous mène au château de Mirabat.
La communauté de communes du canton d'Oust (09), a eu la bonne idée de mettre en ligne son tracé sur le site http://www.tracegps.com/fr/parcours/circuit3288.htm, où vous trouverez un descriptif plus complet ainsi qu'un fichier GPS. Ce que je vous propose en bonus, c'est une représentation 3D interactive du tracé, tel qu'il y est archivé, et utilisant les textures que Google met à notre disposition (http://code.google.com/apis/maps/documentation/staticmaps).
Le site de Mirabat, dont le nom
signifie "regarde le bas/la vallée", surplombe à 1270m la confluence du Salat et de l'Alet. Ces deux vallées amènent aux ports de Salau, d'Aula et de Couillac, cols transfrontaliers parmi les plus praticables des Pyrénées centrales. Il aurait pu s'appeler Miramont, tant le belvédère embrasse la crête des montagnes, mais sa vocation était bien de surveiller le fond de vallée.
Plus près du passage, le château plus récent de Lagarde et le pont de la Taule, viennent confirmer l'importance stratégique du lieu. La taula, (table en gascon) mentionnée en 1243, témoigne d'un probable ancien péage ou lieu de change. Il semble alors dans les mains de Roger de Balaguer. Ce même Roger (ou son successeur homonyme) était au nombre des 4 coseigneurs de Seix avec le Roi de France en 1270.
La présence du Roi à Seix est largement justifiée par l'intérêt qu'il porte au passage, et est à l'origine probable d'une légende tenace concernant Mirabat : le château serait l'oeuvre de Charlemagne...sans doute le pouvoir royal y voyait une justification ancienne à sa présence...
Thibaut Lasnier qui y a effectué des sondages archéologiques en 2006, n'a pas trouvé d'indices plus ancien que le XIIIème siècle, une datation de la seconde moitié du XIIème siècle étant probable... (dans "Mirabat at et Sainte-Catherine, résultats des premières recherches archéologiques" ed. Syndicat Mixte du pays Couserans, 2006).
C'est d'ailleurs à la fin du XIIème siècle, que les hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem s'installèrent à Salau (puis plus tard à Isil sur le versant espagnol, à la suite des bénédictins du Mas d'Azil), attestant de la primauté de ce port sur ses voisins couserannais.
Toutefois, le formidable promontoire de Mirabat a toujours été. Il a pu être utilisé depuis bien longtemps (Thibaut y a aussi trouvé un tesson d'amphore antique), aussi loin qu'était pratiqué le port de Salau. Au surplomb même de ce village, un petit replat aménagé était nommé au XIII ème siècle, costoaga. Il est tentant de faire une analogie avec deux autres villages frontaliers en bout de vallée, coustouges/costogia (66) et coustouge/costoga (11). Ce dernier, bourg fortifié, était appelé par les carolingiens custodia (834), qui signifie en latin poste de garde...
Randonnée historique à Lescure
Il m'a semblé qu'il était difficile de lire des sous-titres et d'apprécier le paysage en même temps, comme sur ma précédente video. Ceci d'autant plus que l'image est souvent surchargée par les toponymes.
Voici donc deux "innovations" importantes dans cette nouvelle video : un commentaire audio (on s'y est collé à deux, ma compagne Emilie et moi) et un affichage des toponymes dynamique (pour ne pas tout afficher en même temps). J'ai aussi mis un peu de brume et je suis passé en 24 image/s (au lieu de 25) pour éviter que l'hébergeur video rajoute ces sauts désagréables de la première tentative.
...Pour la voir en HD (haute définition) ou en plein écran...
Et j'en ai profité pour vous parler d'un projet qui me tient à coeur en ce moment. Il s'agit d'un sentier à thématique historique, dans ma commune de Lescure (09), en Avantès. Cette randonnée de 7,5 km, que l'on a testé positivement lors des dernières journées du Patrimoine, est quasiment chronologique.
Au départ du clocher de Noguès, ancienne église paroissiale, elle relie trois autres sites médiévaux. Et elle prétend illustrer le passage d'un paysage de l'an mil, quasiment hérité de l'antiquité, à celui, transformé par la féodalité, qui a si fortement déterminé nos bourgs et le dessin de nos communes.
Et même si cette boucle pédestre n'est pas encore balisée, ni topoguidée, je vous invite à venir visiter les lieux.
Avec le clocher, la bielo de Lescure (viela, faudrait-il écrire) mérite votre visite. Elle a gardé son plan médiéval et une bonne part de ses enceintes.
Difficile d'aller plus dans le détail dans une video de 2 mn.
Les documents médiévaux sont très rares dans le Couserans (hormis en Séronais). Mais une présence monastique proche (les prémontrés de Combelongue à Rimont et les hospitaliers de Saint-Martin et Audinac, à Saint-Girons et Montjoie) nous permet d'entrevoir une petite histoire de l'Avantès médiéval (qui s'étend de Montesquieu-Avantès à Rimont). Je vais m'y atteler...et je vous tiens au courant.
Une voie romaine en Couserans ?
Il semble évident que l'agglomération gallo-romaine de Saint-Girons et sa fortification tardive de Saint-Lizier, étaient reliées à l'Ouest par une route de nature publique...vers Toulouse et Lugdunum (Saint-Bertrand-de-Comminges), empruntant les vallées du Salat et de la Garonne.
C'est pourtant sur la porte orientale du Couserans, que la tradition d'une voie romaine était la plus vivace. Et là, la question méritait vraiment d'être posée!
J'ai écrit un article sur ce sujet [Mirouse (D.) « Une Voie romaine en Couserans ? Monographie historique et géographique d'un axe transversal en piémont ariégeois », Revue de Comminges, n°123, fasc. 1 et 2, p. 7-40, 2007]. Et j'ai voulu l'illustrer par une video.
...Pour la voir en HD (haute définition) ou en plein écran...
Cette présentation a l'avantage de couvrir un vaste champs historique et géographique... et ainsi fournir de bons repères pour de nombreux billets à venir.
Je pense que ce genre de parcours virtuel est une forme intéressante de médiation. J'attends vos avis sur le sujet.
Pour télécharger l'article (Acrobat Reader 7.0 minimum) : chapitre 1 chapitre 2




